The Thing 2011

Avatar dataripper | mars 25, 2014

La moustache de Mona Lisa

Drôle de projet que d’essayer de donner une prequel au film de Carpenter, tout en gardant le même titre. Même si le film pouvait s’y prêter, on se rend rapidement compte que l’équipe de réalisation a eu du mal à se détacher de son auguste prédécesseur, tant les similitudes sont nombreuses.

Le synopsis est en tout point identique à l’original ; un OVNI se serait écrasé en Antarctique et la récupération d’un survivant alien coincé dans la glace depuis 100 000 ans. C’est au moment de l’examiner que tout s’emballe, et pas seulement les Norvégiens avec leurs chansons paillardes qui ont dû écorcher les oreilles mélomanes de l’extraterrestre qui sort de sa torpeur pour chercher les fautifs ! Le raccord avec le film de Carpenter ne se fait d’ailleurs qu’en toute fin du film, comme si les scénaristes avaient oublié de faire leur travail et l’avaient inclus à la va-vite.

Ce sentiment nous hante durant tout son déroulé ; c’est mollasson, on n’entame vraiment les festivités qu’au bout de quarante minutes de discussions interminables entre les protagonistes, pour ensuite tomber dans le film d’horreur le plus sordide. Alors, bien sûr, aucun temps de transition n’est accordé au spectateur, qui se réveillera alors en sursaut au son des explosions. L’ambiance paranoïaque du film de Carpenter s’est totalement envolée, l’héroïne sait d’entrée de jeu comment reconnaître l’alien et n’a de cesse de vérifier et de trouver dans la peau de quel personnage il s’est caché. Même si le jeu d’acteur est relativement convaincant, on se demande pourquoi ils ont autant l’air blasés par leur découverte et pourquoi ils n’appellent jamais à l’aide quand le besoin s’en fait sentir. Les rebondissements se comptent sur les doigts d’une main et les facilités scénaristiques sont légion : des lance-flammes ou un fusil à lunette trouvés dans la base scientifique, les Norvégiens qui sont de grands humanistes, le vaisseau échoué qui redémarre au quart de tour quand l’alien met la clé de contact, non mais oh ! On ne va pas se laisser fumer par une bande de Norvégiens, non plus ! Et puis le plus savoureux, Lars, le scientifique le mieux planqué de l’univers, qu’on voit deux secondes au début et deux à la fin !

Le slash, c’est trash

On ne retiendra guère que le côté slasher du film, dégoulinure d’hémoglobines, de monstres et de cris. L’action est pêchue et bien soutenue par une réalisation qui devient miraculeusement nerveuse. On saluera d’ailleurs les effets spéciaux qui ont su faire un travail remarquable, tant par le réalisme que l’inventivité des mutations de l’alien. Mais cela arrive un peu tard dans le film, on perdra patience bien avant, ce qui est dommage car, à partir de là, le plaisir y est et on remarque que toute l’équipe s’est fait plaisir. La musique de Marco Beltrami soutient bien l’action, les puristes y entendront quelques hommages à la bande originale d’Alien, qui était signée à son époque par le génial Jerry Goldsmith.

Si certains pourront y trouver leur compte, ce prequel reste un remake maquillé et non assumé, comme si cela en était devenu honteux, pourtant il en tout point similaire à l’original, l’ennui en plus, malheureusement.

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Written by dataripper


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