Passion à vendre !

Avatar dataripper | février 6, 2015

Il fut un temps où je m’étais énormément battu pour certaines convictions que j’avais au sein d’un milieu qui n’était pas prêt. Elles étaient trop en avance ou à la marge, mais cela importe peu au final ; ce qui est important, c’est le combat qui méritait d’être mené. Je pensais avoir raccroché les gants il y a longtemps, mais non ; m’étant jeté corps et âme dans le milieu du jeu vidéo, je me suis rendu compte de deux choses : soit on rentre dans le système en acceptant de perdre son âme au profit de son compte en banque, soit on part en croisade contre une industrie qui, soyez-en sûrs, rendra tous les coups.

Aujourd’hui, la machine s’est emballée et nous assistons, impuissants, à la dictature que nous impose l’industrie. Nous sommes écrasés par un rouleau compresseur qui voudrait faire de nous de gentils consommateurs prêts à avaler n’importe quel produit sous prétexte que c’est le seul. On nous gave à longueur de journée avec des termes techniques, qui ne mènent qu’à une seule chose : nous faire croire que le titre est bon, car la technique employée est la bonne. Alors, bien sûr, vous me direz qu’il existe des alternatives avec les indépendants, mais le peu de moyens dont ils disposent ne suffit pas à soulever les envies face au énième « Call of Fifa ». Pire : l’industrie s’amuse à brouiller les pistes en finançant des jeux ayant tous les airs d’un jeu indépendant, pour qu’au final l’indépendance devienne à son tour un label commercial.

Tous les jeux convergent dans le même sens : nous vendre du rêve. Mais c’est vide de sens. Ce qui nous intéresse, c’est l’instant, le pourquoi on joue. Ce qui nous a amenés à choisir tel titre à tel moment. Le jeu vidéo doit rester un plaisir ludique et non une obligation pour rester à la page. On nous vend de la Hype en galette, mais plus de plaisir en cartouche. Le temps où les éditeurs cherchaient à nous faire plaisir en essayant de nouvelles formes de jeu est fini. Même Nintendo, qui fait figure de dernier dinosaure, ne recherche plus rien. Ils ont compris, ils ont éduqué leur public qui ne réclame plus que des clones, sans chercher à savoir ce qu’ils aiment vraiment.

Il est grand temps de nous agiter et de chercher ce qui nous fait vraiment triper au fond de nous. Ce qui nous rend heureux devant tel ou tel jeu. Normalement, c’est le rôle de la presse ; mais cela fait bien longtemps qu’elle fait partie de la mécanique commerciale des maisons d’édition. La dépendance de la presse vis-à-vis des éditeurs a fini par gangréner toutes ses bonnes intentions. Il en va de même pour les Youtubeurs, qui, en voulant faire de l’argent, se sont aliénés ; et de manière irréversible pour certains. En 2015, grâce à internet, les joueurs ont les moyens de les remplacer tous les deux. On doit se replacer au centre de l’échiquier et quitter la place de pion qui nous a été donnée. Pour cela, nous devons nous rassembler, échanger nos idées et savoir-faire. Sans pour autant exclure les développeurs qui sont, avec les joueurs, les piliers du jeu vidéo.

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